Skip to content


Quel est le futur du e-commerce à objectif 5 ans ?

Il n’y a pas longtemps lors d’une interview pour Wizishop on m’a demandé, comment je voyais l’évolution du e-commerce dans 5 ans.

Comme à mon habitude j’ai fait une réponse plutôt complète dont je reprend la base ici, mais néanmoins certains points demandent un peu plus d’explication.

Je sort à nouveau ma boule de cristal et tel madame Irma je vais me lancer dans le jeu de la prospective. Je vous invite donc a vous projeter avec moi 5 ans dans le futur.

Les changements auraient peu d’impact pour le public

Je pense que pour le public du coté « front office » l’évolution visible du ecommerce va être relativement réduite.

Parce que le prix du matériel pour les réaliser va baisser de façon sensible on pourra voir plus souvent l’intégration de rotation de photos en 3d pour présenter les produits .

La vidéo pourrait être utilisée plus souvent pour la démonstration de produit. Ou également pour instaurer la confiance avec les clients en montrant le propriétaire de la boutique ses locaux ou la logistique utilisée pour préparer les commandes.

Seul les projets les plus élitistes pourront se payer des sites mélangeant vidéos, animation flash ou interfaces Flex ou Ajax évoluées pour un « front office* » extrêmement personnalisé avec défilé de mannequin virtuel ou argumentaire interactif.

La raison de ce manque de changement visible est le fait que les grosses structures du e-commerce ont atteint une certaine maturité face a internet qui leur interdit de mettre en place des interfaces un peu trop déstabilisantes pour leur clientèle potentielle.

Il est loin le temps ou ces entreprises ne tenaient pas comptes des usages et habitudes en vigueur sur internet pour développer leur propre interface personnalisée à laquelle le public devait forcément adhérer.

Aujourd’hui (et dans 5 ans) on développe des interfaces correspondant aux standard du web et ne change que de petit éléments de façon progressive en validant le tout a force de tests sur un pannel d’utilisateurs ou « split Testing » sur la boutique en production.

Seules certaines grandes marque de prestige ou les nouveaux arrivants voulant se différencier par le luxe continuerons à mépriser les utilisateurs de leur site internet et continuerons à perdre des points sur le marché internet.

Néanmoins, je pense qu’un certain nombre de ces grandes marques vont rapidement changer d’avis devant l’existence d’un buzz négatif montant sur la toile concernant leur produit.  Les marques les plus « grand public » comme par exemple l’Orêal devraient être les premières a changer leur fusil d’épaule.

De sacré changement dans le développement de sites web

Du coté invisible pour le public concernant le code et le développement vont intervenir de multiples changement dont certains risquent dêtre majeurs.

Du coté du code, l’arrivée du HTML 5 et des CSS3 et des nouveaux navigateurs destiné à les traduire va modifier à jamais le développement web comme l’a fait le XHTML et l’utilisation des CSS il y à quelques années.

D’autant plus que contrairement à ce que l’on pourrait croire le nombre des navigateurs va littéralement exploser avec l’arrivée de tout les « devices » matériels connectable au net comme les consoles de jeux, tablettes interactives, téléphones mobiles, télévisions, média center et lecteurs de médias, réfrigérateurs, lave-linge, équipement domotique,…

Chacun de ces appareils va utiliser un navigateur maison différent et il ne faut pas attendre de standardisation dans les 5 ans à venir (après j’imagine qu’il va y avoir des évolutions matérielles poussant dans ce sens).

L’autre axe qui va créer le développement internet de demain c’est l’évolution des moteurs de recherche et de leur base de données. Comme je l’ai mentionné il n’y a pas longtemps dans un article les tenants et aboutissant du référencement sur internet sont en train de subir une évolution majeure désignée par certain sous le nom de « web 3.0 ».

Bon sérieusement, la révolution « sémantique » annoncée par certain n’aura à mon avis pas lieu. Mais par contre l’évolution « sémantique » des bases de données de Google elle, est bel et bien en marche, pour des raison de pertinence, et devrait changer le référencement tel qu’on le connaît a tout jamais.

Le code à écrire pour mettre en ligne un site optimisé pour les moteurs de recherche est  déjà en train d’évoluer bien qu’il se cherche encore un peu et ne sait plus à quel Google se vouer.

D’un coté nous avons les adeptes des « Microformats » qui ajoutent des identifiants supplémentaires aux balises et de l’autre les adeptes du « HTMLminify » qui veulent réduire leur code au maximum.

Sérieusement vu le développement exponentiel de la bande passante des réseaux internet je penche plus pour la première option (même si il faut faire attention) et trouve la seconde dépassée.

Quoi qu’il en soit, les développeurs web vont avoir beaucoup de boulot pour intégrer à leur code les changements du web d’ici 5 ans.

Dans les coulisses du e-commerce une révolution marketing se prépare

Concernant les boutiques en ligne je pense que les plus grandes modifications vont être apportées par l’intégration des stratégies marketing dans la gestion de l’outil de vente. C’est a dire une augmentation importante des fonctionnalité pilotable via le « back office » (les coulisses) su site.

Si aujourd’hui les outils statistique sur les ventes sont capables juste de vous donner des chiffres d’affaire et nombre de vente réalisé par rapport aux visites ont peu imaginer que demain les boutiques pourraient réagir à une baisse du panier moyen dans les première ventes de la journée en proposant des promotion groupées, des associations de produits ou la gratuité des frais de port a partir d’un certain montant de commande.

L’outil de vente pourrait également profiler les visiteurs selon sa navigation sur le site ou sa localisation géographique et proposer spontanément des produits correspondant au profil. On pourrait imaginer également un outil de fidélisation clientèle qui pourrait relancer chaque client avec des offres personnalisées selon ses goûts.

En allant encore plus loin, on pourrait imaginer que le site pourrait piloter en automatique la mise en place de liens sponsorisés supplémentaires pour augmenter un trafic ou un nombre de conversion un peu faible par rapport au prévisionnels.

Bref les « back office » des site de e-commerce seraient piloté par des indicateurs non plus basé seulement les statistique de visite ou le nombre de vente mais également les taux de conversion par produit, les marges, le profilage de clientèle, la localisation géographique du visiteur, les seuils de rentabilités,…

Une bonne partie des fonctionnalités, que je viens de définir semblent être de la science-fiction mais elles ne sont pas aussi futuriste que cela car certaines d’entre elles existent déjà aux US développées par Amazon.com. Il ne faut pas oublier que les équipes de développement d’Amazon ont quasiment 3 ans d’avance sur toutes les autres.

L’évolution du e-commerce coté business

Une autre chose qui va changer dans les 5 ans à venir c’est la redistribution des cartes entre professionnels du secteur.

Les grands acteurs sont à la recherche de la taille critique qui pourrait enfin rendre leur stratégie discount basée sur le chiffre d’affaire rentable.

Car pour l’instant parmi les leaders ils sont peu nombreux à gagner de l’argent. A vrai dire ils sont même un peu trop nombreux pour le marché français et peinent souvent à s’imposer a l’export.

D’un autre coté, nous avons des petits commerçant travaillant sur des marché de niche qui, lorsqu’ils ont atteint un certain succès, sont au contraire rentables voire parfois extrêmement rentables (ça c’est bon pour nous).

Je pense que les grosses structures « pure player » vont se consolider en se rachetant les uns les autres. Pour les moins appétissants au rachat ils vont segmenter leurs activités un peu trop généralistes en diverses petites unités de vente ressemblant à des petit e-commerce. Ils vont tenter de retrouver une rentabilité perdue par leur course à la taille critique par le bas.

Ce phénomène augmenté par le nombre de nouveaux acteurs arrivants aujourd’hui devrait handicaper à terme les petits commerces du web qui vont se retrouver en face d’une concurrence un peu trop forte pour arriver à trouver la rentabilité aussi facilement qu’aujourd’hui. Ce sera la fin des pionniers

Conclusion :

Le e-commerce est un marché porteur, a tel point qu’il se targerai selon le JDN d’une croissance de CA de 35% pour le premier trimestre 2010.

Pourtant ce même JDN a dans une enquête menée il y a peu mis en évidence le fait que les grand acteurs du e-commerce perdent toujours de l’argent. Chiffres a mettre également en corélation avec le phénomêne actuel d’augmentation des abandons de panier ressenti par ces mêmes grand acteurs du e-commerce.

Il y a pourtant des gagnants dans ce secteur du ecommerce, ce sont les petits commerçants.

Installés sur des produits de niche, respectant leur clientèle et leur apportant une attention qui se trouve que rarement auprès des leader du e-commerce, le petit e-commerçant qui atteint la rentabilité n’est pas bien loin du succès. Pour ce type de commerce c’est un secteur très porteur.

Néanmoins, les « pure players » du net à la recherche de rentabilité ne vont pas continuer longtemps à perdre de l’argent et vont devoir trouver leur équilibre financier quelque part.

Donc si vous voulez vous lancer, dans le e-commerce le bon moment c’est aujourd’hui. Dans 5 ans il sera trop tard.

Rubriques : Actualité.

Mots clefs : , , , , , , .


6 Responses

Stay in touch with the conversation, subscribe to the RSS feed for comments on this post.

  1. Pierre says

    Bonjour Erik,
    Je te trouve très optimiste pour HTML5. Les amélioration par rapport à la version 4 ne sont pas flagrantes, et pour le moment ne déclenche pas un enthousiasme débridé parmi les programmeur.
    Pour CSS3, les avantages sont plus flagrant, ce qui ne veut pas dire pour autant que son utilisation se démocratise en 5 ans, surtout si IE ne se dépêche pas de rattraper son retard. IE9 semblerait moins mal, mais c’est pas encore gagné!
    Mais, finalement, je ne pense pas que la plupart des e-commerçants soient vraiment concernés, ils utilisent des outils mais ne savent pas comment ils fonctionnent.

    Pierre

  2. Érik NICOLAS says

    Rien que le fait d’avoir des balises "header", "nav", "footer",… permettant a Google (et les « scrapper » aussi) d’éliminer les élément répétitif de présentation du contenu réel de la page est une vraie révolution en elle même.

    Certes le HTML5 (ou le XHTML2 que je n’ai pas cité) n’est pas très révolutionnaire (à cause de la rétro compatibilité avec HTML4), mais il devrait apporter une dose de changement technique suffisante pour impacter le travail des développeurs.

    Et puis je me suis laissé dire que l’intégration de Javascript au HTML5 allait permettre des animations réservées aujourd’hui a des inclusion de Flash.

  3. Charles Boone says

    Allons y pour la prospective 😉

    Je te rejoins sur de nombreux points (même si je ne suis plus un pro de la technique de dev. )
    1. Coté client, la révolution sera silencieuse ou plutôt naturelle. Quoi de plus naturel de pouvoir shopper avec son téléphone, son ipad ou les autres trucs qu’ils vont nous sortir dans les prochaines années.
    La portabilité des boutiques devra être rapide et facile à adapter à de nouveaux devices.
    Techniquement, cela sera sans doute une autre paire de manche pour les dev mais ils ont l’habitude, ils s’adapteront 😉
    2. Les boutiques devront être plus intelligentes. Oui il faudra avoir des outils marketing puissants encore trop souvent réservé aux grands comptes ou aux entreprises à poches profondes. La relance de panier, le profilage comportemental, l’envoi d’alertes, et beaucoup d’autres fonctionnalité vont se démocratiser (au grand damn des clients qui vont se transformer en bêtes traquées)
    3. En emailing (qui est ma partie) les API vont se multiplier afin de permettre aux Ecommerces de gerer proprement et en toute sécurité leurs emails automatisés.
    Couplé aux modules intelligents des boutiques, les possibilités de marketing automation sont quasiment infinies. (identification des clients potentiels d’un produit, envoi d’actions commerciales spécifiques aux besoins/envies des cibles, etc.)
    4. Réappropriation des zones de chalandises géographiques via Internet. On en parle depuis longtemps mais je pense que nous sommes dans la décennie du Ecommerce local. Ceci particulièrement pour l’alimentaire/bio

    Comme toujours en prospective, on verra plus tard si on s’est planté ou pas 😉

  4. Frank says

    Erik, je suis tout a fais d’accord sur tes analyses sur les évolutions marketing des sites de e-commerces. En effet, analyser les statistiques visiteurs, ventes, taux de conversion, panier moyen, ne permet que de réagir après les évènements.
    L’avenir c’est anticipé dans la journée les comportements d’achats pour optimiser le taux de conversion et surtout selon chaque journée la saisonnalité du business, ou des évènements autres grèves, météo etc…
    J’espère avec mon site de niche (sacs et mallettes pour artistes) e-commerce http://www.creaexpert.com pouvoir appliquer ces recettes qui ne sauront rester pour les gros acteurs.
    Par contre, je n’ai pas vraiment saisi ta vision du changement des aspects de référencement dans l’avenir. Je serais curieux d’avoir la vulgarisation de tes propos.
    en tout cas des articles sont toujours aussi intérressant.

Continuing the Discussion

  1. » Les articles incontournables de la semaine - Wizishop Blog linked to this post on 10 mai 2010

    […] Quel est le futur du e-commerce à objectif 5 ans ? Nous l’avions interviewé il y a quelques temps, Munchausen nous apporte une réponse très complète sur la question de sa vision du E-commerce dans 5 ans. […]

  2. Twitted by radmilovitch linked to this post on 13 octobre 2010

    […] This post was Twitted by radmilovitch […]



Some HTML is OK

or, reply to this post via trackback.

*



'+
1
'+
2 - 3
4 - 5
6 - 7
8 - 9
10 - 11
12 - 13
13 - 14
[x]