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L’étude de McKinsey/Google : Internet va-t-il sauver la France ?

C’est la question que l’on peut se poser à la lecture de l’étude réalisée par McKinsey en collaboration avec Google sur  l’impact d’internet sur l’économie Française sortie hier (le 9 Mars 2011).

Ce n’est pas la première étude qui mesure l’impact financier grandissant de la « net-économie ». Chaque année nous avons droit au rapport de la FEVAD sur le e-commerce et celui de Forrester Research mesurant le chemin parcouru et prédisant que les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information) vont littéralement exploser dans les années à venir. Ces rapports « Marronniers » font chaque année quelques lignes dans l’actualité avant de tomber dans l’oubli le plus total.

C’est également l’oubli total qui menace l’étude de McKinsey, qui pourtant diffère des deux études annuelles citées ci-dessus en apportant un éclairage nouveau et spectaculaire sur l’impact d’internet sur l’économie du pays. La ou les étude habituelles se concentrent sur les acteurs du marché, le rapport de McKinsey apporte un éclairage macro économique sur la valeur créée par internet dans notre pays.

Éclairage d’autant plus pertinent que le partenaire de ce rapport n’est ni plus, ni moins, que l’entreprise qui peut se targuer de posséder la base de données d’informations sur internet la plus importante au monde. Je parle bien entendu de Google.

On peut dire que la démonstration est impressionnante, voyez plutôt :

la contribution directe de la « net-économie » au produit intérieur brut (PIB) français est évaluée à 60 milliards d’euros en 2009, soit 3,2% du total, et 72 milliards d’euros en 2010, soit 3,7% du PIB Français annuel. La prévision à 4 ans valoriserait l’apport d’internet à 129 milliards d’euros en 2015, soit environ 5,5% du PIB.

Depuis 15 ans le nombre d’emploi généré par internet est de de 1,15 million dont 700 000 de façon directe. Une population d’employés comparable à celle de Wallmart aux États Unis (1,2 Millions) qui est le premier employeur du pays. Cela représente en france 4% de la population active et surtout 25 % des créations d’emploi. Pour les 4 ans a venir internet créerait 450 000 emplois nouveaux supplémentaires.

Selon McKinsey, les entreprises « qui ont fortement investi dans les technologies du web » ont eu une croissance « deux fois plus rapide que les autres » et ont « exporté deux fois plus ».

Chaque euro investi par une entreprise dans les technologies de l’internet (sites, courriels, logiciels) se serait transformé en deux euros de marge opérationnelle et chaque euro dépensé en marketing en ligne aurait rapporté 2,5 euros de bénéfice.

Comme vous pouvez le voir McKinsey offre à tous les prestataires internet un argumentaire formidable pour vendre leur services.

Si vous voulez tout savoir sur cette étude vous pouvez la télécharger ici : internet_impact_rapport_mcKinseycompany

L’époque ou internet était un bac à sable virtuel pour amuser les « Petits Mickeys » est bel et bien révolue.

Qu’on se le dise, l’époque ou une entreprise mettait en ligne un site internet en grande partie pour la « beauté du geste » est finie. Aujourd’hui internet est devenu mature et les PME sont en droit d’attendre un retour à leur investissement internet (même si parfois le prix d’un site n’est pas toujours considéré comme un investissement classique).

Internet devient un véritable partenaire de croissance pour l’entreprise en permettant  à leur offre de profiter d’une visibilité parfois providentielle. Par exemple à l’export une entreprise mettant en place sur internet une offre traduite et personnalisée pour un territoire visé profite immédiatement d’une visibilité qui demandait plusieurs mois de démarchage clientèle il y a quelques années.

Si le site est appuyé par une boutique en ligne il peut même multiplier les ventes que l’équipe commerciale peut réaliser sur ce nouveau territoire. Il faut penser que le concept même de zone d’achalandage est totalement bouleversée par ce type d’outil si la logistique peut suivre.

Internet impose un « modèle disruptif » qui bouscule les règles du marché en faveur des entreprises les plus rapide à l’adopter.

« Mais que fait la police » ou plutôt le gouvernement* ?

Depuis des années les gouvernement successifs se sont tous concentré sur la France des « cheminées qui fument » en défaveur de l’industrie des services aux entreprises souvent considéré comme trop éclatés pour permettre d’y intervenir facilement ou (pour internet) trop marginale pour que l’on prenne la peine de s’y intéresser sérieusement.

Il y a bien eu quelques tentatives de comprendre ce phénomène afin de lui offrir la chance qu’il mérite. Mais lorsque l’on voit par exemple que les « commissions gouvernementales » sont (et seront au grand désespoir de PKM) composées de « vieux barbons » bien peu informé des choses du net, d’amis politiques aux compétences limitées, ou de dirigeant d’entreprises d’état intéressés au fait de garder le plus longtemps possible la main mise sur les infrastructures, il est évident que les acteurs d’internet devront se débrouiller seuls encore un bon moment (voire, devrons éviter les bâtons que l’on va immanquablement leur mettre dans les roues).

Pourtant si l’on devait comparer aujourd’hui l’apport d’internet aux entreprises et PME la bonne comparaison serait l’invention de l’électricité pour l’industrie.

L’électricité a permis à Henri Ford de mettre au point le modèle économique de la production de masse tel que nous le connaissons. Internet devrait permettre aux PME ou grandes entreprises de mettre en place au service de l’humanité un nouveau paradigme  autour de la vente, la distribution ou même la production.

Découvrir seulement aujourd’hui la place que prend Internet au sein de la vie économique française est la preuve à elle seule que le gouvernement a bien mal placée ses finances et subventions auprès des grosses industries parfois bien moribondes (et rarement pourvoyeuses de nouveaux emplois) alors qu’en fait une des véritables sources de croissance se trouvait du côté de la net-économie.

On peut aujourd’hui se réjouir que cette étude de Mac Kinsey et Google montre à la France la voie d’une performance économique réelle alors que depuis des années le pouvoir politique cherche désespérément des formules de croissance. La bonne stratégie serait de suivre les recommandations de cette étude afin de donner aux acteurs économiques du net la possibilité de couvrir leur plein potentiel de croissance.

On pourrait imaginer dans ce cas, que la moitié des nouveaux emplois créés en France seraient dus à l’essor économique fournit par Internet et que le PIB profiterait totalement de cette politique avisée. On pourrait même imaginer que grâce à Internet les entreprises françaises se tourneraient enfin massivement vers l’export et rééquilibreraient une balance commerciale aujourd’hui huit bien déséquilibrée.

Mais malheureusement, j’ai bien peur que nos politiques de tous bords flairant le trésor de l’Internet aux oeufs d’or, ne se mettent bien au contraire à surtaxer ce secteur sans lui offrir d’aide d’aucune sorte. Appliquant la politique chère à Ronald Reagan : « Si ça bouge taxez-le, si ça continue à bouger légiférez, et si ça ne bouge plus subventionnez ». Ce qui prouve que cette mauvaise stratégie économique n’est malheureusement pas uniquement menée en France.

Pourtant, nos politiques toujours prêt à jouer le registre de la démagogie devraient vraiment s’intéresser à internet car il aujourd’hui largement au cœur des préoccupations du grand public. Les sondages réalisés ces derniers mois demandant aux ménages sur quels postes de dépenses il sont prêt à couper pour faire face à la crise ou à la montée du prix du pétrole classent bien souvent Internet et le téléphone portable dans les derniers bastions de dépense qui seront conservé comme la santé.

Oui, messieurs les politiques, internet est devenu indispensable à tous et il serait temps de lui donner dans votre stratégie financière la place qu’il mérite. C’est un investissement qui à déjà fait ses preuves en terme de rentabilité pour notre pays et qui ne demande qu’un léger coup de pouce pour propulser la France vers une croissance bien tangible, importante, et solide comme vous en rêvez depuis des années.

Nous possédons une réelle avance au niveau des infrastructures pour nous permettre de devenir en Europe le leader sur ce marché. Alors qu’attendez-vous ?

 

(*) Excusez-moi si je parle exceptionnellement de politique. Je vous assure que ce n’est pas ma coutume. Mais il était malheureusement impossible de parler du PIB de taxes ou de croissance sans parler de ceux qui ont en main les cartes leur permettant de jouer cette partie. Promis je ne recommencerais pas de sitôt.

Rubriques : Actualité, Business, Humeur, Stratégie.

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3 Responses

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  1. Nico de shopincasa says

    Les chiffres sont impressionnants et c’est très bien, cela prouve que l’essor de l’économie numérique est une excellente piste en termes d’emplois et de finances. Bonne continuation, à plus, Nico de shopincasa.

  2. etudedecas says

    Pour les lecteurs interesses, voici les 5 bonnes raisons d’integrer le cabinet de conseil
    McKinsey France

Continuing the Discussion

  1. Livre & numérique : de la stratégie de Google « La Baguette culturelle linked to this post on 12 mars 2012

    […] réalisée par le cabinet McKinsey, elle a été présentée le 9 mars 2011 par Eric Besson, ministre de l’Industrie et de […]



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